L'avortement par le prisme du « care » en Belgique
Parcours de soin et parcours de vie
L’avortement recouvre une pluralité de pratiques, de techniques, d’expériences personnelles et de parcours de vie. Considérant l’encadrement psycho-médico-social comme espace frontière entre l’intimité des corps et des vies de femme d’un côté, et l’espace normé du politique de l’autre, ce projet de recherche pose la question comment s’articulent relations de soin (care) et parcours de vie dans cet espace qui est à la fois technico-médical, politique et personnel ? L’approche par le concept de « care » ouvre un terrain empirique inédit dans l’étude de l’avortement où il s’agit d’analyser dans différents centres et structures d’accompagnement les pratiques des professionnels, les parcours de vie de femmes et, depuis la crise COVID en Belgique, l’augmentation d’avortements par voie médicamenteuse. Cette recherche sociologique permettra d’apporter une nouvelle lumière sur le débat social et politique qui est caractérisé par une tension entre l’encadrement psycho-médico-social et l’autonomie ou le libre choix des femmes. Le projet de recherche propose de déplacer les termes de la discussion, en passant des débats sur le principe de choix autonome à une analyse empirique des pratiques de care. Plutôt qu’un principe de droit ou de bioéthique qui exigerait ses propres conditions de réussite, l’autonomie pourrait être pensée comme ce dont une personne devient capable en composant avec des liens qui font sens. L’étude empirique se déclinera dans des structures d’accompagnement différentes dans les trois régions du pays. Le projet mobilise des méthodologies qualitatives et participatives, ainsi que des récits de vie replaçant l’avortement dans des parcours de vie et mobilisant les dimensions affectives et relationnelles de manière inédite dans la littérature sociologique.
Une thèse réalisée par Luce Lebrun sous la co-promotion de Kim Hendrickx et Mona Claro
