Penser la vie à partir des bio-signatures
Une enquête anthropologique au sein de laboratoires d'astrobiologie
L’astrobiologie est une discipline scientifique pluridisciplinaire qui s’intéresse à l’origine, l’évolution et les conditions d’existence de la vie, sur Terre et dans l’Univers. Parce qu’elle travaille sur des objets ambigus, des bio-signatures, à la frontière entre l’inerte et le vivant, l’astrobiologie représente une « biologie des limites » (Helmreich, 2015), une discipline symptomatique d’une instabilité dans la notion de vie en biologie. Mon projet vise à étudier les pratiques de ces scientifiques, qui interrogent, reconfigurent et poussent à la limite la notion de vie.
À travers une ethnographie de laboratoire au sein du consortium d’astrobiologie UnLOC (Uliege Origin Center), mon projet s’articule autour de deux objectifs. A) Analyser l’identification de bio-signatures comme une articulation particulière entre technologies de visualisation, construction du regard professionnel, imagination et sensibilité du chercheur. B) Théoriser la manière dont l’étrangeté de la vie et l’incertitude épistémique telle qu’elle apparaît en astrobiologie peuvent nourrir les réflexions en anthropologie sur les sciences de la vie. Parce que les astrobiologistes étudient des entités étranges (microbes), lointaines (cosmos) ou distantes dans le temps (Terre ancienne), ce projet aura finalement pour but de comprendre la manière dont les recherches en astrobiologie renégocient de quoi est composé le monde et révèlent de nouvelles dynamiques entre humains et non-humains.
Thèse réalisée par Mouna Barkou sous la co-promotion de Kim Hendrickx et Véronique Servais
