Planting the scene
Packaged ecologies and new extensions of the grids
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Pour la dernière session du cycle de séminaires« Infrastructures, écologies et territoires », organisé par le Centre de recherche Spiral et l'Unité de recherche en architecture (URA), nous aborderons les logiques de la plantation et leurs limites. L'événement aura lieu le mercredi 20 mai, de 10 h à 17 h, à la Faculté d'architecture de l'Université de Liège, salle E1 Charlotte Perriand, boulevard de la Constitution 41, 4020 Liège.
Des logiques de plantation, l’histoire a retenu qu’elles avaient structuré les espaces de production, sur le modèle de la monoculture, ainsi que les rapports de pouvoir, sur le modèle du travail forcé et de l’esclavage. Ravageant les milieux où elles se déploient, les plantations sont l’incarnation du théorème de la « destruction créatrice », suivant lequel les intérêts du capital réinventent, à partir des ruines d’une entreprise de plantation, ce
qui fera le succès de la suivante. Ainsi, des domaines coloniaux aux serres automatisées, en passant par les infrastructures extractives et les chaînes d’approvisionnement planétaires, les plantations organisent et altèrent les écologies, les corps, les manières de faire communauté, ainsi que les façons de percevoir et d’habiter des mondes. L’objet de ce workshop consiste à troubler ce dont les plantations sont le nom. Les lignes qui structurent un paysage peuvent parfois devenir lignes de fuite. Les milieux ne sont jamais de simples décors passifs. Les personnes et les entités qui les habitent répondent aux situations de plantation qui leur sont faites. Ainsi, sous ces régimes d’optimisation de la production et d’intensification du rendement persistent des frictions, des improvisations et des enchevêtrements terrestres qui échappent à la maîtrise et au contrôle.
Ce workshop convie les étudiant·es, chercheur·euses et collègues intéressé·es par l’architecture, les Science and Technology Studies (STS), l’écologie politique et la recherche interdisciplinaire à explorer les plantations non seulement comme des systèmes de domination, mais aussi comme des formations historiquement contingentes et variées. Des manières de faire, de déjouer, de transgresser, ou d’en malmener les contours, ne cessent de s’y inventer. Nous partirons de situations diverses, comme les plantations de thé dans la région de Assam, en Inde ; les infrastructures de serres dans l’agriculture intensive et leurs stratégies de pollinisation ; ou encore, la conception géométrique de l’espace cartésien. Saisies dans leur ensemble forcément disparate, ces perspectives croisées ferons apparaître différentes lignes généalogiques, coloniales et autre que coloniales, humaines et autres qu’humaines. Nous nous demanderons notamment comment des systèmes apparemment totalisants restent fragmentés, éclatés et contestés. Ces réflexions invitent, c’est notre vœu, à semer le trouble dans les scènes de la plantation dont nous héritons et, ce faisant, à nous rendre capables de mieux les contester.
Nous accueillons pour cet événement exceptionnel :
- le professeur Maan Barua (université de Cambridge, programme de recherche ERC Urban Ecologies) ;
- la professeure Rebeca Ibáñez-Martín (université d'Amsterdam, programme de recherche ERC VITALGREENHOUSE) ;
- le professeur Clemens Driessen (université de Wageningen, ayant notamment travaillé avec Rem Koolhaas sur les recherches qu’il nous présentera).
Un portefeuille de lectures préalables est conseillé, mais non obligatoire, pour nourrir au mieux les échanges et les moments de réflexion prévus qui seront, à n’en pas douter, de grande qualité : https://dox.uliege.be/index.php/s/cf0AGc2NxhfP34

