Défense de Thèse de Shana Riethof
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Quartier Agora - Place des Orateurs 3
4000 Liège
Shana Riethof a le plaisir de vous inviter à la soutenance publique de sa thèse de doctorat intitulée « Engendrer à l’ère du génome. Une étude socio-anthropologique du dépistage prénatal non invasif (NIPT) en Belgique ». La thèse à été réalisée sous la co-direction du Professeur François Thoreau (Université de Liège) et de la Professeure Florence Caeymaex (Université de Liège). Le jury sera composé de la Professeure Nolwenn Bühler (Université de Lausanne), le Professeur Pierre Delvenne (Université de Liège), la Professeure Cathy Herbrand (De Montfort University) et la Professeure Carine Vassy (Université Sorbonne Paris Nord).
La soutenance aura lieu lele 24 septembre 2026 à 14 heures à auditoire Karl Marx (bâtiment B31, Sart-Tilman).
Résumé de la thèse
En 2017, la Belgique devient le premier pays au monde à proposer le dépistage prénatal non invasif (NIPT) en première ligne à toutes les femmes enceintes. Ce dépistage, initialement centré sur les trisomies 21, 18 et 13, a été étendu à l’ensemble des chromosomes fœtaux et maternels. Aujourd’hui adopté par 90% des femmes enceintes, le NIPT constitue un passage-clé dans la plupart des grossesses à bas risque. À partir d’une enquête qualitative fondée sur des entretiens avec des femmes et des professionnel·les de santé, cette thèse examine les effets de ce tournant génomique sur la prise en charge et l’expérience de la grossesse.
La thèse analyse d’abord les logiques professionnelles qui encadrent l’offre et leurs effets sur l’organisation du suivi prénatal. Elle montre que le NIPT s’inscrit à la fois dans la continuité des dépistages précédents et dans une évolution du suivi obstétrical orientée vers la médecine génomique personnalisée. La thèse met ensuite en évidence la façon dont cette offre se traduit dans l’expérience ordinaire de la grossesse. L’analyse replace le NIPT dans l’ensemble du parcours prénatal afin de comprendre les conditions dans lesquelles les décisions sont prises. Elle s’intéresse au rôle du NIPT dans l’organisation temporelle de la grossesse, dans le rapport des femmes au risque et dans les attentes liées à la parentalité. Enfin, la thèse s’intéresse aux trajectoires qui suivent un résultat positif. L’analyse met en évidence la tension entre les cadres normatifs du parcours de soin et les formes de négociation, d’ajustement ou de résistance par lesquelles les femmes cherchent à définir les conditions les plus souhaitables pour donner naissance.
La thèse montre ainsi que les décisions liées au NIPT relèvent de processus relationnels, sont inscrites dans des trajectoires de soin et structurées par un ensemble de normes. Elle propose de repenser le dépistage prénatal au-delà du paradigme du choix autonome et individuel, en mettant en lumière les dimensions techniques, sociales et morales qui rendent ces choix possibles.
